« Bâtir les interventions à partir des évidences scientifiques »

L'infection par le VIH demeure un problème de santé publique et de développement en Afrique subsaharienne. Au Togo, il a été mis en place un cadre national de riposte multisectoriel avec l'élaboration des plans stratégiques nationaux de lutte contre le VIH depuis 2001.
Dans le cadre de cette riposte, le Togo a enregistré des progrès significatifs depuis 2010 en ce qui concerne l'accès des PVVIH aux soins et traitement. En effet plus de 81 % des PVVIH connaissaient leur statut en 2022 et 86000 PVVIH étaient sous traitement avec plus de 9000 parmi eux qui avaient une charge virale supprimée. Toutefois, on peut sensiblement noter des faiblesses aussi bien structurelles que conjecturelles qui viennent faire de l'ombre aux efforts de la riposte nationale, surtout dans le domaine de la prévention chez les jeunes et adolescents, la transmission verticale du VIH de la mère à l'enfant.
En terme de faiblesses, on pourra également évoquer les problèmes de stigmatisation, de discrimination et les violences basées sur le genre. Elles constituent un véritable goulot d'étranglement dans la mise en œuvre des interventions qu'il faut prendre en compte notamment pour les populations clés.
De ce fait, les structures nationales qui ont la charge de diligenter la riposte au VIH, doivent persévérer dans la prise des initiatives poignantes visant à enrayer définitivement cette pandémie. L'une des initiatives les plus marquantes qu'il s'avère nécessaire de mettre en œuvre est l'organisation des journées scientifiques dont les objectifs visent à assurer non seulement la diffusion des résultats portant sur les recherches récentes effectuées au Togo, dans la sous-région africaine et dans le monde, mais aussi la proposition des meilleures stratégies qui permettront d’avoir de bons impacts dans la riposte nationale à partir des évidences scientifiques
En étant le garant par excellence de cette lutte contre le VIH, le Secrétariat Permanent du Conseil National de lutte contre le VIH et les IST, doit remplir sa mission en organisant de temps à autre, en collaboration avec le Programme National de lutte contre le Sida, les Hépatites Virales et les IST, les journées scientifiques.
C'est effectivement dans cette logique que les quatrièmes journées scientifiques ont été organisées et se sont tenues dans la capitale togolaise Lomé, plus précisément à l’Hôtel 2 Février du 11 au 12 Juillet 2024.
Pour cette occasion qui est une quatrième fois au Togo, plusieurs acteurs étaient au rendez-vous, chacun représentant son institution. Etaient également présents, les partenaires du système des nations- unis (ONUSIDA, UNFPA, OMS), des chefs de programmes, des experts et spécialistes.
Sur l’esplanade de l’emblématique Hôtel du 2 février, d'importants acteurs impliqués dans cette lutte au Togo se sont réunis pour parler d’une seule et même voie en vue d'offrir d'avantage des soins de qualité à toutes les couches sociales de la population.
L’ouverture de cette importante rencontre a été faite par le Secrétaire Général du Ministère de la santé et de l’hygiène publique après les différentes interventions respectivement du Coordonnateur du PNLS/HV/IST, du Coordonnateur de SP/CNLS/IST et de la représentante du Directeur pays ONUSIDA

Professeur Anoumou DAGNRA (Coordonnateur du PNLS-HV-IST, Président du comité scientifique)
Le Coordonnateur du PNLS-HV-IST dans son allocution a eu dans un premier temps à témoigner sa profonde gratitude aux experts pour avoir accepté de partager avec les autres acteurs, leurs informations sur les sujets d’actualités liés au VIH, aux hépatites virales et à la syphilis. Les sujets en question portaient entre autres sur les interventions à l’endroit des jeunes et /ADO, rôles des communautaires dans la lutte contre le VIH. Il a également souhaité vivement qu’au sortir de ces journées scientifiques, que les congressistes puissent être bien assez outillés pour une prise en charge de qualité des personnes vivant avec le VIH dans notre pays car selon lui, c’est l'ultime objectif qui nous avait tous réuni.

Professeur Vincent PITCHE (Coordonnateur du SP-CNLS-IST, Président du comité d’organisation)
Après l’intervention du Coordonnateur du PNLS-HV-IST, ce fut celui du coordonnateur du SP/CNLS/IST. A son tour, il a également remercié les spécialistes pour leur engagement dans la lutte effrénée contre le VIH. D’après son avis, les données scientifiques ont permis d’enrichir l’histoire dynamique de la lutte contre le VIH et le sida dans le monde et en Afrique. Il a poursuivi en soutenant qu’au Togo, les avancées dans la lutte contre le VIH sont objectivées par une réduction de 65% des nouvelles infections et des décès liés au Sida entre 2010 et 2023. Par ailleurs 87% des personnes vivant avec le VIH étaient sous ARV en 2023.
Il a terminé en disant que les objectifs fixés par SP-CNLS-IST en organisant ces journées est de promouvoir les recherches opérationnelles menées dans le pays et d'anticiper les défis que doit relever le Togo dans les prochaines années afin de mettre fin à l’épidémie du sida comme problème de santé publique.
Dr Angèle MABOUDOU (ONUSIDA)
Quant à la représentante du Directeur pays ONUSIDA, le dernier rapport publié par leur institution sur l’état de la riposte montre qu’il existe une voie crédible pour mettre fin au Sida. Selon elle, cette voie amènera l’humanité à se préparer et à répondre au futures pandémies. Ce qui contribuera substantiellement à la réalisation des objectifs de développement durable. Elle a poursuivi en évoquant qu’Il était jouissif de constater que certains pays de l’Afrique de l’Est et du Sud comme, le Botswana, L’Eswatini, le Zimbabwe, le Rwanda, la Tanzanie, ont déjà atteint leurs objectifs. Pour elle, la voie de la riposte efficace contre le VIH est celle qui repose sur un engagement politique fort qui se traduit par l’utilisation des données de la science, des preuves, la lutte contre les inégalités, le soutien apporté aux communautés et aux Organisations de la société civile dans la riposte ainsi que la garantie d’un financement adéquat et durable.

Dr Kokou WOTOBE (SG du ministère de la santé et de l’hygiène publique)
Le Secrétaire Général du ministère de la santé et de l’hygiène publique a bouclé la série des allocutions en donnant également son message de circonstance. En premier lieu, il a souligné que le Ministre de la santé et de l’hygiène publique aurait voulu présider personnellement la cérémonie d’ouverture de ces 4ème journées scientifiques nationales sur le VIH et le Sida mais compte tenu d’un conflit d'agenda, il lui a fait l’insigne honneur de le représenter. En second lieu, il a fait un clin d’œil aux efforts concédés par le gouvernement dans la riposte au VIH et plus précisément au Chef de l’état qui est lui-même le Président du SP/CNLS-IST.
Il a précisé que dès le début de cette épidémie, le gouvernement a organisé une réponse institutionnelle adaptée à l’ampleur de l’épidémie sous le leadership du Chef de l’état. Il a aussi ajouté que le ministère se réjouissait des progrès croissants réalisés dans la riposte nationale contre cette épidémie depuis des dizaines d’années mais que de nombreux défis restent à relever.
Pour finir, il a précisé qu’il faudrait que les relations soient plus équitables et qu’il y ait une représentation et une orientation appropriés de tous les acteurs dans la prise de décision en matière de santé dans notre pays. Ces acteurs doivent également disposer des évidences scientifiques pour pouvoir bâtir des interventions robustes dont la mise en œuvre va impacter positivement les populations bénéficiaires. Les acteurs doivent représenter des ingrédients essentiels pour faire face à ces nombreux défis.
A L’issue de la cérémonie d’ouverture et bien avant de rentrer dans le vif des activités prévues pour l’occasion, certains acteurs de la lutte contre le VIH se sont vu décerner des prix de distinction. Une action fort louable dont l’initiative reposait sur la promotion du mérite et la reconnaissance de l’engagement de ces derniers dans l’accomplissement de leurs missions.



Remise de prix aux différents acteurs
Au cours de ces journées, des conférences, symposiums et tables rondes ont été réalisés autour de plusieurs thèmes à savoir :
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La voie à parcourir pour arriver à mettre fin à l’épidémie du Sida en 2030 en Afrique subsaharienne. Quels sont les défis et perspectives ?
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Elimination de la transmission du VIH, de la syphilis et des hépatites virales de la mère à l’enfant en 2030. Leçons apprises, quels sont les obstacles qui ralentissent l’accélération en Afrique et que faire ?
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Prise en charge des hépatites virales : Actualités et perspectives pour le programme national au TOGO
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Evidences et bonnes pratiques en matière de dépistage : Comment accélérer dans la perspective de l’atteinte du 1er 95
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Prise en charge des PVVIH : Evidences et bonnes pratiques
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Prophylaxie préexposition (PREP) : Evidences scientifiques et interventions programmatiques
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Interventions à hauts impacts chez les jeunes et adolescents : Leçon apprises, stratégies innovantes et défis
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Rôles des communautaires dans l’accélération de la lutte contre le VIH-Sida d’ici 2030 : Leçons apprises, défis pour l’intégration de l’offre de services et perspectives externes de pérennités
Par ailleurs, des communications orales ont été faites par plusieurs acteurs de lutte contre le VIH venant des différentes régions sanitaires du pays.
De toutes ces communications présentées par les uns et les autres il ressortait des défis et des perspectives tels que :
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Renforcer la collaboration multidisciplinaire avec un accent beaucoup plus axé sur la santé
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Apporter plus de financement aux différents projets afin d’améliorer les indicateurs en terme de diagnostic précoce, prévention et traitement
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Faire la recherche et formation
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Renforcer le suivi individualisé, ceci impacterait positivement l’observance thérapeutique chez les PVVIH sous TAR
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Utiliser des données scientifiques pour améliorer les programmes existants ainsi que pour définir l’orientation future
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Les gouvernements et les bailleurs de fonds doivent s’attaquer à certains des obstacles structurels qui entravent l’accès aux services de prévention.
En marge de tout ce qui précède, Il reste impérieux de préciser que Le PNLS/HV/IST a eu l’honneur et le privilège d'être valablement représenté à cette grande rencontre. En effet, plus de la moitié du personnel a pris part à ces journées et a également eu à faire des présentations. Plus spécifiquement, on peut noter le rôle essentiel joué par le Coordonnateur du PNLS /HV/IST qui était une personne ressource très importante dans les préparatifs de ces journées étant donné qu’il était le président du comité scientifique de ces journées.
Nul mot pour évoquer la satisfaction de tous les participants à cette grande rencontre. Dans une ambiance épanouie, des échanges dynamiques et édifiants ont eu lieu, toujours dans la dynamique de garantir à tous des soins de qualité. Il incombe de ce fait à tous les acteurs sanitaires de veiller considérablement à la mise en œuvre de ces directives afin d’aller vers une totale émergence sanitaire au TOGO.
Assiéra AGAREM
Continuons d’œuvrer pour des soins de qualité au TOGO
